Cependant, le rêve hydrogène se heurte encore à des réalités économiques et techniques. Le coût d’achat d’une rame à hydrogène reste nettement supérieur à celui d’un autorail diesel classique, même si l’écart tend à se réduire avec les économies d’échelle. Surtout, la mise en place de la chaîne logistique est complexe : il faut installer des stations de ravitaillement spécifiques, former les personnels à la manipulation d’un gaz sous pression, et adapter la maintenance. La rentabilité du modèle dépendra en grande partie de la capacité à faire baisser le prix de l’hydrogène vert, qui reste aujourd’hui un carburant de luxe.
Malgré ces défis, la dynamique est irréversible. L’Union européenne pousse fortement vers la fin des moteurs thermiques, et les régions françaises, en première ligne, ont compris qu’elles avaient un rôle de pionnier à jouer. Le train à hydrogène n’est pas une solution miracle pour toutes les lignes, mais il est la pièce manquante du puzzle de la mobilité durable. Il prouve qu’il est possible de concilier service public de proximité, respect de l’environnement et innovation industrielle. En faisant rouler ses trains à l’eau, la France ne se contente pas de réduire ses émissions ; elle réinvente la manière dont ses territoires se relient et vivent ensemble.
