Pourtant, l’enjeu dépasse la simple querelle de chiffres. Dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, où l’Europe doit financer sa réarmement, sa transition écologique et sa compétitivité technologique, la fragilité financière de la France est un boulet pour tout le continent. Les marchés obligataires surveillent le spread franco-allemand avec une nervosité accrue. Si la France venait à perdre son rating AAA ou à voir ses taux d’emprunt s’envoler, ce ne serait pas seulement Bruxelles qui serrerait la vis, mais les marchés financiers qui étrangleraient le pays.
Il est temps pour Paris de sortir de sa zone de confort. Le modèle français, qui consiste à financer le fonctionnement de l’État par la dette plutôt que par la création de richesse, a atteint ses limites. Le budget 2026 ne devra pas être un simple document de gestion, mais le début d’une remise à plat. Sans cela, la France risque de se retrouver isolée en Europe, incapable de peser sur les décisions communautaires, pendant que ses partenaires du Nord lui dictent, ligne par ligne, sa politique économique.
