Le problème, c’est que le peuple français semble aujourd’hui bien loin de ces querelles de juristes. Dans les territoires, dans les dîners en ville comme dans les cafés du rural, la demande n’est pas tant de savoir si le Premier ministre devra être investi par l’Assemblée ou si le Conseil économique, social et environnemental devrait être réformé. La demande porte sur le pouvoir d’achat, sur la sécurité, sur la qualité des services publics, sur l’écologie au quotidien. Il y a un décalage saisissant entre l’obsession parisienne pour le “changement de logiciel institutionnel” et les préoccupations concrètes des Français.
Faut-il pour autant enterrer l’idée ? Certainement pas. L’usure de la Ve République est réelle, et le risque d’un blocage systémique, avec une Assemblée nationale ingouvernable et un exécutif paralysé, est une menace à moyen terme. Mais pour qu’une réforme institutionnelle réussisse, elle ne doit pas être un simple ajustement technique pour faciliter la gouvernance. Elle doit redonner du sens à l’acte démocratique, redonner du pouvoir au citoyen entre les élections, et réconcilier la Nation avec ses institutions. Si le référendum n’est qu’un outil de communication politique, il se retournera contre ceux qui l’auront convoqué.
